Les chaussures de randonnée La Sportiva Ultra Raptor II font partie de ces modèles que l’on croise souvent sur les sentiers. Elles séduisent de plus en plus ceux à la recherche d’une chaussure de randonnée légère, fiable et polyvalente pour les longues distances. Je les ai portées cet automne lors d’une traversée du Vercors, sur plus de 100 km de sentiers ultra variés… Voici mon retour et mon avis complet après ce test terrain !
Testé sur 3 jours de randonnée en novembre, 41 km et 1 700 m de dénivelé.
Chaussures randonnée La Sportiva Ultra Raptor II – Test et avis

- Poids : 378g
- Drop : 9mm
- Semelle extérieure : Frixion White
- Pare-pierre : Oui
Confort et maintien
Qu’on se le dise, les chaussures La Sportiva Ultra Raptor II sont immédiatement confortables. Le chaussant enveloppe bien le pied sans serrer, avec une semelle intérieure Ortholite Hybrid qui participe au confort global et garde le pied au sec. La sensation est proche d’une chaussure de trail amortie, mais avec un volume et un maintien un peu plus généreux pour les longues journées de marche. Les chaussures taillent également très bien et le laçage est précis sans être trop compressif.
La tige basse ne propose évidemment aucun maintien de cheville, ce qui ne conviendra pas à tout le monde, notamment avec de lourds sacs à dos.Mais pour ceux habitués aux terrains alpins, ça ne posera pas de problème ! Avec 378 g en 42, les Ultra Raptor II restent très légères au regard de leur protection, de leur structure et de leurs ambitions.



Protection et durabilité
Sur le terrain, la protection du pied est l’un des gros points forts des chaussures La Sportiva Ultra Raptor II. Le pare-pierres est efficace, assez rigide pour absorber les impacts frontaux, et l’ensemble de l’empeigne est renforcé avec des zones anti-abrasion. Sur le Vercors, où les roches calcaires peuvent être de véritables râpes, les Ultra Raptor II ont très bien résisté.
La construction générale respire la solidité. L’Endurance Platform – une plaque en EVA à compression – ajoute un effet pare-chocs sous le pied qui limite la fatigue sur les longues étapes roulantes.



Accroche et amorti
La semelle extérieure Frixion White, offre une accroche impressionnante. Dans les pierriers, racines, pierres polie et même dans les pentes raides bien humides, je n’ai jamais été pris en défaut. Les crampons mordent très fort en montée et freinent efficacement en descente grâce au talon prononcé conçu spécifiquement pour améliorer le contrôle. C’est clairement un modèle pensé pour les terrains de montagne, là où une chaussure moins typé alpin peut atteindre ses limites.
La semelle intermédiaire en EVA injectée apporte un amorti moelleux mais stable. Le déroulé est fluide, suffisamment souple pour garder du confort sur les longues distances, sans sacrifier la précision sur les zones techniques. On reste sur une chaussure orientée « endurance » plutôt que vitesse. Un bon compromis entre la chaussure de trail légère et la chaussure de randonnée ultra rigide et lourde !


Respirabilité : un mesh efficace
L’empeigne en Air Mesh ventile bien. Même lors d’étapes longues sous un soleil encore présent fin septembre, le pied restait bien au sec. L’Ortholite aidera également à limiter les odeurs sur plusieurs jours.
Attention toutefois : comme toutes les chaussures très respirantes, elles n’aiment pas la pluie prolongée. Heureusement, elles existent également en version GoreTex !
À qui s’adressent les Ultra Raptor II ?
Une chaussure aussi typée que celle-ci ne convient pas à tout le monde, et c’est tant mieux. Voici comment nous résumerions le profil du randonneur à qui elle rendra vraiment service, et celui à qui elle posera plus de problèmes qu’elle n’en résout.
Elles sont faites pour vous si…
- Vous marchez vite, en terrain de montagne, avec un sac léger. C’est le domaine où l’accroche de la Frixion White et le pare-pierres font la différence.
- Vous venez du trail et vous cherchez une chaussure plus protectrice, sans repasser à un modèle rigide. Le déroulé reste fluide et la sensation proche de ce que vous connaissez.
- Vous enchaînez les journées longues sur sentier rocailleux, où la plaque en EVA sous le pied joue son rôle de pare-chocs.
- Vous avez le pied plutôt fin et vous acceptez un chaussant qui enveloppe.
Passez votre chemin si…
- Vous partez en trek avec un sac chargé. La tige basse ne tient pas la cheville, et c’est la limite structurelle du modèle : aucun laçage ne la compense. Regardez plutôt du côté des chaussures de randonnée montantes.
- Vous marchez surtout sous la pluie ou en fond de vallée humide. Le mesh ventile très bien, donc il prend l’eau et sèche lentement.
- Vous avez le pied large. Le chaussant est étroit à l’avant, et un essayage n’est pas négociable.
- Vous marchez lentement, sur chemin roulant, à la journée. Vous paieriez pour une accroche et une protection dont vous ne verriez jamais l’intérêt ; une chaussure basse plus simple suffit.
Ultra Raptor II ou Ultra Raptor III ?
C’est la question qui revient le plus souvent depuis l’arrivée de la troisième génération. La Raptor III change surtout la mousse, plus amortissante, et la semelle, retravaillée. La II reste plus directe au sol : on sent davantage le terrain sous le pied, ce qui est exactement ce que certains cherchent en montagne pour poser précisément un appui sur une dalle ou un caillou instable.
Il n’y a donc pas de version « périmée ». Si vous voulez du moelleux et des longues portions roulantes, la III va dans ce sens. Si vous voulez sentir ce que vous marchez et garder le compromis trail/rando décrit plus haut, la II reste pertinente — et elle se trouve souvent à un tarif plus intéressant, ce qui est un argument sérieux quand les deux partagent le même ADN technique.
Version mesh ou version GTX ?
La Ultra Raptor II existe aussi avec une membrane Gore-Tex, et le choix entre les deux n’est pas anodin : c’est probablement la décision qui aura le plus d’effet sur votre confort réel.
La version testée ici est la version mesh. Elle ventile, elle garde le pied au sec par temps chaud, et elle limite les odeurs sur plusieurs jours. En contrepartie elle n’aime pas la pluie prolongée et sèche lentement une fois trempée. La version GTX inverse le compromis : elle tient l’eau, mais elle ventile forcément moins et chauffera davantage l’été, avec le même défaut de séchage lent une fois la membrane mouillée de l’intérieur.
Notre grille de lecture est simple. Randonnée estivale, montagne sèche, gués que l’on traverse pieds dans l’eau et qui sèchent en marchant : mesh. Demi-saison, herbe mouillée le matin, neige résiduelle au printemps : GTX. Nous avons détaillé ce raisonnement dans notre guide chaussures de randonnée Gore-Tex ou non, parce que la réponse dépend beaucoup plus de votre terrain que du modèle.
Face aux autres chaussures que nous avons testées
Nous avons usé plusieurs paires très différentes sur ce site, et les mettre côte à côte aide à comprendre où se place l’Ultra Raptor II.
Contre la Lowa Renegade GTX Mid
8,0/10Lire notre test
Ce sont deux philosophies opposées. La Lowa Renegade GTX Mid mise sur le cuir nubuck, une tige mi-montante qui tient la cheville et une membrane Gore-Tex : elle est confortable dès la sortie du carton, mais elle est nettement plus lourde et elle tient chaud l’été. Nous lui avons aussi reproché de décrocher plus vite qu’attendu sur la terre mouillée, malgré sa semelle Vibram.
L’Ultra Raptor II fait l’inverse : elle abandonne le maintien de cheville et l’imperméabilité pour gagner en légèreté, en ventilation et en accroche pure. Si votre problème est la stabilité sous un sac lourd, la Lowa gagne. Si votre problème est la vitesse et l’adhérence en terrain technique, la Sportiva gagne.
Contre les Simond MT500 Leather
7,0/10Lire notre test
Les chaussures trekking cuir Simond MT500 Leather jouent encore une autre carte : tige haute, cuir, imperméable, et un rapport qualité-prix qui explique qu’elles aient tenu toute une Grande Traversée des Alpes. Elles protègent la cheville et ne craignent ni la boue ni la neige, mais elles sont lourdes et elles taillent petit — à ce sujet, prévoyez large.
Le choix se fait donc sur le poids du sac et sur la durée de la sortie plus que sur la marque. Trek de plusieurs semaines avec du portage : la MT500 Leather. Traversée rapide en autonomie légère, comme celle du GR91 dans le Vercors où nous avons éprouvé les Ultra Raptor II : la Sportiva.
Pour resituer ces trois modèles dans une gamme plus large, notre comparatif des meilleures chaussures de randonnée et celui des meilleures chaussures de randonnée basses reprennent l’ensemble de nos tests.
Quand les sortir : saison, terrain, type de sortie
L’Ultra Raptor II est une chaussure de belle saison en montagne. Du printemps une fois la neige partie jusqu’à l’automne, elle est dans son élément sur les sentiers rocailleux, les pierriers et les portions raides. C’est précisément le décor dans lequel nous l’avons utilisée.
En plein été, sur un caillou brûlant, elle tient chaud malgré la ventilation : ce n’est pas la chaussure la plus agréable pour une longue journée à basse altitude en pleine chaleur. En hiver, il n’y a pas de débat : tige basse et mesh ne vont pas ensemble avec la neige.
Quant au type de sortie, elle brille à la journée et sur les traversées en autonomie légère, où l’on marche beaucoup et vite. Dès que le sac dépasse ce que l’on porte confortablement à la journée, on revient au problème de la cheville. C’est aussi pour cela qu’elle fonctionne bien en deuxième paire, gardée pour les sorties rapides quand une paire montante reste réservée aux treks. Si vous hésitez entre les deux familles, notre guide comment choisir ses chaussures de randonnée pose les bonnes questions dans le bon ordre.
Entretien et durée de vie
Une chaussure en mesh ne s’entretient pas comme une chaussure en cuir, et beaucoup de paires meurent prématurément d’un mauvais séchage plutôt que de l’usure.
Les règles tiennent en peu de lignes. On brosse la boue à sec plutôt qu’au jet, on rince à l’eau claire, on retire la semelle intérieure Ortholite pour qu’elle sèche séparément, et surtout on sèche à l’air libre, jamais sur un radiateur ni au soleil direct : la chaleur décolle les collages et durcit les mousses. Le modèle sèche déjà lentement de nature, donc mieux vaut anticiper et le laisser une nuit entière plutôt que d’accélérer.
Côté durée de vie, ce sont les crampons qui partent en premier sur ce type de terrain, tandis que la semelle Frixion et la tige synthétique-mesh tiennent bien. Le vrai indicateur d’usure n’est pas l’aspect de la chaussure mais l’amorti : le jour où le déroulé devient sec et où les descentes font mal, la mousse est morte, même si le dessus paraît neuf.
Un dernier point qui n’a rien à voir avec la chaussure mais qui décide de votre journée : les chaussettes. Un chaussant étroit et une paire mal choisie, et vous aurez des ampoules avant la mi-journée. Nous avons rassemblé nos préférées dans le comparatif des meilleures chaussettes de randonnée. Si vous avez une membrane GTX, le même raisonnement d’entretien s’applique que pour une veste : voir comment laver sa veste Gore-Tex.
Avantages et inconvénients
- Accroche exceptionnelle
- Pare-pierres très efficace
- Amorti agréable et stable
- Respirabilité très correcte
- Très bon compromis trail/rando
- Pas de maintien cheville (tige basse)
- Peu adaptées aux charges lourdes
- Pas de membrane GTX pour conditions vraiment humides
Conclusion : mon avis sur les chaussures La Sportiva Ultra Raptor II
Si vous cherchez une chaussure polyvalente, fiable et redoutablement efficace en terrain technique, les La Sportiva Ultra Raptor II sont l’un des meilleurs choix du marché. Elles combinent l’agilité d’une chaussure de trail, la protection d’un modèle de randonnée et une accroche difficile à prendre en défaut. Après une traversée du Vercors avec, je peux confirmer : ce sont des chaussures dans lesquelles on a confiance, jour après jour. Souples, légères, protectrices et solides, elles méritent franchement leur réputation !
Un point à vérifier avant d’acheter : le chaussant est très étroit. C’est sa limite la plus pénalisante et elle ne conviendra pas à tous les pieds, un essayage s’impose. Elle sèche lentement et tient chaud par forte chaleur, ce qui la rend moins agréable en plein été.
Acheter les chaussures La Sportiva Ultra Raptor II

- Poids : 378g
- Drop : 9mm
- Semelle extérieure : Frixion White
- Pare-pierre : Oui
À qui s’adresse la La Sportiva Ultra Raptor II ?
Au traileur ou au randonneur léger qui cherche une chaussure tige basse performante en terrain technique. Elle excelle sur sentier rocailleux, racines, montagne. Moins adaptée à la marche lente ou au gros sac.
Ultra Raptor II ou Ultra Raptor III : quelle différence ?
La Raptor III apporte une mousse plus amortissante et une semelle retravaillée. La II reste plus directe au sol, appréciée des adeptes du feeling sec en montagne. Les deux partagent l’ADN technique La Sportiva.
La Ultra Raptor II taille-t-elle bien ?
Coupe plutôt étroite à l’avant-pied, européenne. Les pieds larges préféreront un modèle Wide, ou choisiront une demi-pointure au-dessus. Essayer avec les chaussettes de trail avant achat.
Durabilité de la Ultra Raptor II : combien de kilomètres espérer ?
600 à 1000 km selon l’intensité (trail vs rando), le terrain (rocailleux = usure rapide) et le poids du porteur. La semelle FriXion est robuste, la tige en synthétique-mesh tient très bien sur le long terme.
Faut-il prendre la Ultra Raptor II en version GTX ?
Cela dépend de votre terrain, pas du modèle. La version mesh ventile mieux et reste agréable par temps chaud, mais elle prend l’eau et sèche lentement. La version GTX tient la pluie et la neige de printemps, au prix d’une ventilation moindre et de plus de chaleur en été.
Peut-on partir en trek avec la Ultra Raptor II ?
En autonomie légère, oui : elle encaisse les longues journées sur sentier rocailleux. Avec un sac de trek chargé, non : la tige basse n’offre aucun maintien de cheville et aucun laçage ne compense ce point. Une tige mid ou haute reste plus sûre dès que le sac pèse.

Je suis d’accord sur tous les points mentionnés sur la Raptor II par contre je ne vois pas le point négatif selon moi qui concerne la languette qui ne faut que tourner.