Chaussures de randonnée ou de trail : de plus en plus de randonneurs partent en trail, et de plus en plus de traileurs trouvent ça normal. La question n’est plus taboue, mais la réponse dépend d’un paramètre qu’on cite rarement : ce n’est pas le terrain qui tranche, c’est le poids de votre sac. Nous marchons avec les deux, et voici où passe la ligne.
Chaussures de randonnée ou de trail : l’essentiel
- La plus légère : la chaussure de trail, souvent moitié moins lourde qu’une chaussure de randonnée montante.
- La plus stable sous charge : la chaussure de randonnée, grâce à une semelle nettement plus rigide.
- La plus durable : la chaussure de randonnée, de très loin.
- La plus rapide à sécher : la chaussure de trail, non membranée.
- Le seuil pratique : jusqu’à 8 kg sur le dos, le trail passe. Au-delà de 12 à 15 kg, il ne passe plus.
- L’entre-deux : la chaussure d’approche ou la trail renforcée, comme la La Sportiva Ultra Raptor II que nous utilisons.
Ce que la chaussure de trail apporte
Le poids, d’abord, et il ne se compare pas à celui d’un sac. Un kilo aux pieds fatigue bien plus qu’un kilo sur le dos, parce qu’il faut le soulever à chaque pas. Une chaussure de trail tourne autour de 250 à 380 g l’unité, une chaussure de randonnée montante autour de 555 g. Sur une journée de marche, l’écart se compte en dizaines de milliers de levers de pied.
Le séchage ensuite. Une chaussure de trail non membranée traverse un gué, se vide et sèche en marchant. Une chaussure membranée qui se remplit garde l’eau à l’intérieur, exactement à l’envers de ce qu’on attend d’elle. Enfin la souplesse : la semelle travaille avec le pied, ce qui est agréable sur sentier roulant et beaucoup moins sur caillasse.
Ses limites sont connues et cohérentes entre elles. La durée de vie d’abord, on parle de quelques centaines de kilomètres contre plusieurs saisons pour une chaussure de randonnée en cuir. Le maintien ensuite, ou plutôt son absence, qui devient un problème dès que le sac s’alourdit. Et la protection, celle des orteils et de la plante, qu’une semelle souple ne donne pas sur pierrier.

Ce que la chaussure de randonnée apporte
Une semelle rigide, avant tout. C’est ce qui permet de poser le pied sur une arête de rocher sans que la plante se déforme, et c’est ce qui évite la fatigue de la voûte plantaire quand on porte quinze kilos. Sur un long portage, cette rigidité vaut plus que n’importe quel amorti.
La durabilité ensuite. Notre Lowa Renegade GTX Mid est le modèle qui a la meilleure note de finition de tous nos tests, et une chaussure de trekking en cuir comme la Simond MT500 Leather se ressemelle et se répare. À l’usage régulier, l’écart de coût au kilomètre penche largement de ce côté.
Le prix à payer est le poids, et il est réel : 1 110 g la paire pour la Renegade Mid. C’est un demi-kilo de plus qu’une paire de trail, à chaque pas.

Chaussures de randonnée ou de trail : le vrai critère, c’est le poids du sac
On croit que la question se règle sur le terrain : sentier facile pour le trail, montagne pour la randonnée. C’est faux. Des chaussures de trail passent très bien sur du terrain technique, c’est même leur milieu naturel. Ce qu’elles ne supportent pas, c’est la charge.
Sous un sac léger, le pied reste mobile et travaille comme à la course. Sous un sac lourd, il s’écrase, la voûte s’affaisse, la cheville encaisse une masse qu’elle ne contrôle plus, et c’est là que la semelle rigide et la tige montante deviennent utiles. Les repères que nous utilisons :
- Moins de 8 kg : chaussure de trail, sans réserve, y compris sur terrain technique.
- 8 à 12 kg : zone grise. Trail renforcée ou chaussure d’approche, selon vos chevilles et le terrain.
- Plus de 12 à 15 kg : chaussure de randonnée à semelle rigide, tige montante de préférence.
C’est aussi ce qui explique le succès des modèles hybrides. La La Sportiva Ultra Raptor II, que nous avons testée, pèse 378 g en taille 42 avec une accroche notée 9 sur 10, tout en offrant une protection et une rigidité supérieures à une trail classique. C’est la chaussure qui couvre le mieux la zone grise.
Lire notre test de la La Sportiva Ultra Raptor II
Chaussures de randonnée ou de trail : lesquelles choisir selon votre usage
Vous randonnez à la journée avec un sac de 20 L
Chaussure de trail. Vous porterez rarement plus de 6 kg, et le gain de poids et de souplesse se ressent dès la première montée.
Vous partez en itinérance avec tente, duvet et nourriture
Chaussure de randonnée. Passé douze kilos, la semelle rigide n’est plus un confort mais une nécessité, et une paire de trail s’écrase sous la charge.
Vous marchez surtout sur pierrier et névé
Chaussure de randonnée, ou chaussure d’approche à semelle rigide. Sur la caillasse, une semelle souple laisse remonter chaque arête sous la plante du pied.
Vous avez des chevilles fragiles
Tige montante et semelle rigide. Une tige haute ne garantit pas l’absence d’entorse, mais elle limite la torsion et protège des chocs latéraux.
Vous traversez souvent des cours d’eau
Chaussure de trail non membranée. Elle se vide et sèche en marchant, là où une membrane transforme la chaussure en réservoir.
Pour aller plus loin, notre comparatif des meilleures chaussures de randonnée couvre les deux familles, et la question de la hauteur de tige est traitée dans notre page tige haute ou basse. Sur la membrane, tout est dans Gore-Tex ou pas.
Questions fréquentes sur les chaussures de randonnée et de trail
Peut-on randonner en chaussures de trail ?
Oui, et c’est même le meilleur choix tant que le sac reste léger, disons sous 8 kg. Le facteur limitant n’est pas le terrain mais la charge : au-delà de 12 à 15 kg, le pied s’écrase et la semelle souple d’une chaussure de trail ne soutient plus assez.
Les chaussures de trail s’usent-elles plus vite ?
Nettement. Une paire de trail se compte en centaines de kilomètres, une chaussure de randonnée en cuir en saisons, et elle se ressemelle. Sur un usage régulier, le coût au kilomètre penche largement du côté de la chaussure de randonnée.
Faut-il une membrane imperméable ?
Pas systématiquement. Une membrane protège de la pluie et de l’herbe mouillée, mais elle réduit la respirabilité et transforme la chaussure en réservoir si l’eau entre par le haut. En été et en terrain sec, une chaussure non membranée qui sèche vite est souvent plus confortable.
Existe-t-il un modèle entre les deux ?
Oui, c’est la catégorie approche ou trail renforcée. La La Sportiva Ultra Raptor II en est l’exemple type : 378 g en taille 42, une accroche que nous notons 9 sur 10, et une protection supérieure à une trail classique. C’est ce qui couvre le mieux la zone grise entre 8 et 12 kg de sac.
Une chaussure de trail suffit-elle en montagne ?
En terrain technique mais avec un sac léger, oui, c’est même son terrain de prédilection. Sur pierrier prolongé, névé ou avec un gros sac, la semelle rigide d’une chaussure de randonnée protège la plante du pied et évite la fatigue de la voûte plantaire.
