Une liste de matériel pour une randonnée à la journée n’est pas celle d’un trek en plus court. Les recommandations de la Fédération française de randonnée le rappellent : on ne dort pas dehors, on ne cuisine pas, on ne porte pas trois jours de nourriture — et pourtant c’est là que les sorties tournent mal, parce qu’on part léger au sens de « on part sans rien ». Voici la liste de matériel que nous emportons pour une randonnée à la journée, ce qui change selon la saison et le terrain, et surtout ce qui n’a rien à faire dans le sac.
Pour une sortie de plusieurs jours avec nuit en refuge ou en bivouac, la logique est différente et la liste beaucoup plus longue : voyez notre liste de matériel randonnée et trekking.
La liste de matériel pour une randonnée à la journée : ce qui est toujours dans le sac, quelle que soit la sortie
Sept postes ne se discutent pas, même pour deux heures de marche sur un sentier balisé. Ils tiennent dans un sac de 20 à 30 litres et pèsent entre trois et quatre kilos avec l’eau, qui en représente la moitié.
De l’eau, et plus que vous ne pensez
Un litre et demi par personne pour une demi-journée, deux litres pour une journée complète, davantage l’été ou en terrain sec. C’est le poste le plus lourd du sac et celui qu’on rationne le plus volontiers : c’est une erreur, la déshydratation se paie en jambes lourdes bien avant d’avoir soif. Si l’itinéraire longe des ruisseaux ou dessert des refuges, un filtre à eau permet de partir avec un litre au lieu de trois — nous emportons un Katadyn BeFree, qui pèse 60 grammes et se remplit en marchant.
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Une veste imperméable, même par grand beau
C’est la pièce qu’on laisse à la voiture parce qu’il fait 25 °C au départ, et celle qu’on regrette deux heures plus tard sur une crête. En montagne, un orage de fin d’après-midi n’a pas besoin d’être annoncé pour arriver. Une coupe-vent imperméable de 250 à 350 grammes suffit pour la journée : voyez comment choisir sa veste de pluie, et notre comparatif des vestes imperméables. La distinction compte, d’ailleurs : une veste déperlante n’est pas imperméable et tient vingt minutes sous une vraie pluie.
Une couche chaude compressible
Une polaire fine ou une doudoune légère qui se comprime au fond du sac. On la sort à la pause du sommet, quand on est trempé de sueur et que le vent se lève : c’est le moment où l’on se refroidit le plus vite de toute la journée. Comptez 250 à 400 grammes.
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De quoi s’orienter sans le téléphone
Les applications de randonnée font très bien le travail jusqu’au moment où la batterie tombe, ce qui arrive plus vite par temps froid. La carte papier au 1:25 000 et la capacité à lire une carte IGN restent le filet de sécurité. À défaut, une montre GPS qui tient la trace consomme beaucoup moins qu’un smartphone.
Une lampe frontale
Le poste que tout le monde laisse tomber sur une sortie à la journée, et celui qui sauve la sortie quand elle déborde. Une heure de retard suffit en automne. Une frontale de randonnée pèse 80 à 100 grammes ; la Petzl Actik Core que nous utilisons se recharge en USB et sert aussi de lampe de bivouac.
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Une trousse de premiers secours minimaliste
Pansements pour ampoules, bande adhésive, désinfectant, antidouleur, une couverture de survie. Deux cents grammes qui ne servent presque jamais et qui, le jour où ils servent, transforment un abandon en fin de sortie normale. La crème anti-frottement appliquée au départ évite d’avoir à ouvrir la trousse.
De quoi manger plus que prévu
Le pique-nique, plus une réserve qu’on ne prévoit pas d’entamer : barres, fruits secs, quelque chose de sucré. Une fringale à trois heures de la voiture n’est pas un inconfort, c’est ce qui fait prendre de mauvaises décisions dans une descente technique.
Les chaussures et le sac : les deux seuls achats qui comptent
Sur une journée, tout le reste est substituable. Ces deux pièces ne le sont pas, parce qu’elles sont en contact avec le corps pendant six heures.
Pour les chaussures, la journée autorise ce que le trek autorise mal : une tige basse, plus légère de deux cents grammes par pied, suffit largement sans sac lourd. La question de la membrane Gore-Tex se pose différemment aussi : sur une sortie sèche d’été, une chaussure non membranée respire mieux et sèche plus vite. Notre guide pour choisir ses chaussures de randonnée détaille les critères, et les chaussettes comptent presque autant : c’est le frottement, pas la chaussure, qui fait les ampoules.
Pour le sac, 20 à 30 litres couvrent la journée. Au-delà, on remplit l’espace disponible sans s’en rendre compte. Notre guide sur le volume de sac à dos à choisir pose les repères, et deux détails changent le confort plus que le modèle : le réglage, et la façon dont on le remplit.
Ce qui change selon la saison
L’été
Chapeau ou casquette, lunettes de catégorie 3, crème solaire indice 50 — en altitude le rayonnement augmente d’environ 10 % tous les mille mètres, et la neige résiduelle en renvoie une bonne partie. Un demi-litre d’eau en plus. Et un départ tôt : en montagne l’été, l’orage se forme l’après-midi, la vraie protection est horaire avant d’être matérielle.
Le printemps et l’automne
La saison la plus traître, parce qu’on part avec la tenue de la veille. Gants fins, bonnet léger, une couche de plus que le thermomètre du parking ne le suggère. La frontale devient réellement utile : en octobre, la nuit tombe avant dix-huit heures et le sous-bois est sombre une heure plus tôt.
L’hiver
La liste change de nature. Gants chauds et une paire de rechange, guêtres, bâtons — utiles toute l’année en descente, indispensables sur neige — et selon le terrain crampons légers ou raquettes. Le thermos remplace une partie de l’eau. Surtout, la marge horaire se réduit : cinq heures de jour utile, pas huit.
Ce qui change selon le terrain
- Sentier balisé de moyenne montagne : la liste de base suffit, sans rien ajouter.
- Haute montagne, névés, pierriers : chaussures montantes, bâtons, une couche chaude supplémentaire, et de quoi prévenir — le réseau y est aléatoire.
- Hors sentier ou terrain peu fréquenté : carte et boussole obligatoires, itinéraire laissé à quelqu’un, marge horaire doublée.
- Randonnée avec des enfants : de l’eau et des vivres pour chacun dans son propre sac, une couche de plus, et un objectif divisé par deux.
- Chaleur et terrain sec : l’eau devient le facteur limitant. Repérez les points d’eau sur la carte avant de partir, pas sur place.
Ce qu’on laisse à la maison
Les listes de matériel ont un défaut : elles n’ajoutent jamais rien. Or sur une journée, le sac se remplit surtout de choses qui ne serviront pas.
- Le réchaud. Sur une sortie à la journée, il ajoute 500 grammes et une demi-heure d’arrêt pour un café. C’est un choix de confort, pas un poste de sécurité.
- Les vêtements de rechange complets. Une paire de chaussettes sèches, oui. Un deuxième t-shirt et un deuxième pantalon, non : ils restent au fond du sac et pèsent toute la journée.
- Les trois litres d’eau « au cas où » sur un itinéraire qui longe un torrent. Un filtre pèse 60 grammes, deux litres d’eau en pèsent deux mille.
- La trousse de secours d’expédition. Attelles, sutures et matériel qu’on ne sait pas utiliser ne servent à rien à trois heures d’un parking. Le nécessaire tient dans une poche.
- L’appareil photo lourd, sauf si la photo est le but de la sortie. Auquel cas il remplace un autre poste, il ne s’ajoute pas.
La liste à cocher avant de partir
| Poste | Toujours | Ordre de poids |
|---|---|---|
| Eau (1,5 à 2 L) | oui | 1 500 à 2 000 g |
| Pique-nique et réserve | oui | 400 à 700 g |
| Veste imperméable | oui | 250 à 350 g |
| Couche chaude compressible | oui | 250 à 400 g |
| Carte, ou application avec batterie chargée | oui | 100 g |
| Lampe frontale | oui | 80 à 100 g |
| Trousse de premiers secours | oui | 200 g |
| Téléphone chargé, papiers | oui | 200 g |
| Crème solaire, lunettes, chapeau | d’avril à octobre | 150 g |
| Gants et bonnet | hors plein été | 100 g |
| Bâtons | selon le dénivelé | 460 à 550 g la paire |
| Filtre à eau | si l’itinéraire le permet | 60 g |
| Batterie externe | si trace GPS toute la journée | 150 à 200 g |
Sac chargé, on arrive entre quatre et cinq kilos pour une journée d’été en moyenne montagne, six à sept en hiver. Au-delà de huit kilos sur une sortie à la journée, il y a quelque chose dans le sac qui n’a pas de raison d’y être.
Ce qui ne tient pas dans le sac et qui compte le plus
La météo consultée le matin même et pas la veille, l’horaire de retour annoncé à quelqu’un, et une idée honnête du dénivelé. Une randonnée à la journée qui tourne mal, c’est presque toujours une question d’heure : on est parti trop tard, on a sous-estimé la montée, et la nuit ou l’orage arrive avant la voiture. Aucun matériel ne rattrape ça — c’est pour cette raison que la frontale et la couche chaude figurent en tête de liste plutôt qu’en option.
Quel volume de sac pour une randonnée à la journée ?
Entre 20 et 30 litres. Vingt litres suffisent pour une demi-journée d’été, trente couvrent une journée complète avec une couche chaude et de quoi manger. Au-delà, le sac se remplit tout seul de choses inutiles.
Combien d’eau emporter pour une journée de randonnée ?
Un litre et demi pour une demi-journée, deux litres pour une journée complète, davantage par forte chaleur ou en terrain sec. Si l’itinéraire longe des points d’eau, un filtre de 60 grammes permet de partir avec un litre seulement.
Faut-il des chaussures montantes pour une randonnée à la journée ?
Pas nécessairement. Sans sac lourd, une tige basse suffit sur sentier et fait gagner environ deux cents grammes par pied. La tige montante reprend l’avantage sur pierrier, sur névé et par mauvais temps.
Quel poids pour un sac de randonnée à la journée ?
Quatre à cinq kilos en été en moyenne montagne, six à sept en hiver, eau comprise — et l’eau représente à elle seule près de la moitié du total. Au-delà de huit kilos, il y a un poste à retirer.
Faut-il emporter une lampe frontale pour une sortie à la journée ?
Oui, y compris en plein été. Elle pèse moins de cent grammes et c’est l’objet qui transforme une heure de retard en fin de sortie ordinaire plutôt qu’en descente à tâtons.