J'ai développé Dors Dehors, la carte des refuges, cabanes et bivouacs. Voir la carte → Dors Dehors, la carte des refuges et cabanes. Voir →
Aller au contenu

Ultra Raptor II ou Lowa Renegade : quelle chaussure choisir ?

Ultra Raptor II ou Lowa Renegade : quelle chaussure choisir ?

La Sportiva Ultra Raptor II ou Lowa Renegade Evo GTX Mid : 177 grammes par pied les séparent, et une membrane. Ce sont les deux chaussures que nous portons le plus, et elles ne s’adressent pas au même randonneur — mais pas pour les raisons qu’on croit.

Ultra Raptor II ou Lowa Renegade : l’essentiel

  • La plus légère : l’Ultra Raptor II, 378 g contre 555 g par chaussure en taille 42.
  • La plus durable : la Lowa, seule chaussure à laquelle nous ayons mis 10 sur 10 en durabilité.
  • La plus étanche : la Lowa et sa membrane Gore-Tex, 9 sur 10, contre une Ultra Raptor non membranée.
  • La plus accrocheuse : l’Ultra Raptor II et sa semelle FriXion, 9 sur 10.
  • Nos notes : 8,5 sur 10 pour la La Sportiva, 8,0 sur 10 pour la Lowa.
  • Le vrai critère : la membrane, pas le poids. Elle protège de la pluie et retient l’eau qui entre par le haut.

La Sportiva Ultra Raptor II

C’est une chaussure de trail renforcée, pas une chaussure de randonnée allégée, et la nuance compte. Trois cent soixante-dix-huit grammes par pied en taille 42, un drop de 9 mm, une semelle FriXion à laquelle nous mettons 9 sur 10 en accroche, et une tige en mesh synthétique qui ne cherche pas à être étanche.

Nous l’avons portée sur plus de cent kilomètres lors d’une traversée du Vercors, et nous la notons 8,5 sur 10. Sa durabilité surprend pour une chaussure de ce poids : 9 sur 10, avec un pare-pierres et une tige qui tiennent la caillasse. Sa limite est celle de toutes les non-membranées : sous une pluie soutenue, le pied finit mouillé. Il sèche en marchant, ce qu’une Gore-Tex ne sait pas faire, mais il est mouillé.

Chaussure La Sportiva Ultra Raptor II tenue en main en montagne
378 g par pied : c’est ce qui la sépare d’une chaussure de randonnée classique.

Lowa Renegade Evo GTX Mid

C’est l’inverse assumé : du cuir, une membrane Gore-Tex, une semelle Vibram Evo, une tige mid qui monte juste au-dessus de la malléole. Cinq cent cinquante-cinq grammes par chaussure en taille 42, soit 1 110 g la paire.

Nous la notons 8,0 sur 10, et elle détient la seule note maximale de durabilité de tout notre parc de chaussures : 10 sur 10. Le cuir se patine plutôt qu’il ne s’use, la chaussure se ressemelle, et le laçage à deux zones verrouille le talon indépendamment du coup de pied. Ce qui la fait descendre, ce sont deux critères qui n’ont rien à voir avec le sentier : le poids, à 6 sur 10, et le prix, à 7 sur 10.

Laçage de la chaussure de randonnée Lowa Renegade Evo GTX Mid
Le laçage à deux zones de la Renegade : c’est lui qui verrouille le talon, pas la tige.

Ultra Raptor II ou Lowa Renegade : le vrai critère est la membrane

On compare ces deux chaussures sur le poids. C’est l’angle le plus visible, et le moins décisif.

Une membrane Gore-Tex fait deux choses opposées. Elle empêche l’eau d’entrer par la toile, ce qui règle la pluie fine, l’herbe mouillée et la boue. Et elle empêche l’eau de sortir, ce qui transforme la chaussure en réservoir dès qu’un gué, une averse violente ou une simple transpiration excessive fait entrer de l’eau par le col. Une Ultra Raptor traverse un gué, se vide et sèche en marchant. Une Renegade qui se remplit reste pleine jusqu’au soir.

La deuxième différence est la durée de vie, et elle est franche : 10 sur 10 contre 9 sur 10, mais surtout du cuir ressemelable face à un mesh qui se compte en centaines de kilomètres. Sur trois saisons de marche régulière, la Lowa coûte moins cher au kilomètre malgré son prix d’achat.

Le poids, lui, ne se départage vraiment que sous charge : 177 g de moins par pied se sentent sur une journée légère, beaucoup moins quand le sac pèse quinze kilos et que c’est la rigidité de la semelle qui décide.


Le chaussant : deux pieds différents

C’est le point que les fiches techniques ne diront jamais, et c’est celui qui renvoie le plus de paires. L’Ultra Raptor II enveloppe le pied sans le serrer, avec un volume un peu plus généreux qu’une chaussure de trail et une semelle intérieure Ortholite Hybrid. Le laçage est précis sans être compressif, et la chaussure taille juste : nous avons pris notre pointure habituelle.

La Renegade joue une autre carte, celle de la forme anatomique et du châssis Monowrap qui enveloppe le pied pour tenir latéralement. Col et languette rembourrés, crochets métalliques en haut de tige, support de voûte plantaire : l’ensemble maintient sans écraser. Son vrai atout est ailleurs : elle ne demande aucun rodage. Dès la première sortie, elle se comporte comme au bout d’un mois.

Si vous hésitez, la question à vous poser n’est pas « laquelle est la plus confortable » — elles le sont toutes les deux — mais « ai-je besoin que ma cheville soit tenue ». C’est le seul écart de chaussant qui ne se rattrape pas au laçage.


Respirabilité et séchage : l’envers de la membrane

L’empeigne en Air Mesh de l’Ultra Raptor II ventile franchement. Sur des étapes longues sous un soleil de fin septembre, le pied restait sec, et l’Ortholite limite les odeurs quand on enchaîne plusieurs jours sans laver quoi que ce soit. C’est la contrepartie exacte de son absence de membrane : ce qui laisse entrer l’eau laisse aussi sortir la chaleur.

La Renegade respire bien pour une Gore-Tex, sans jamais égaler un mesh nu. En plein été, sur sentier sec, elle tient chaud. C’est le prix de l’imperméabilité, et c’est pour cela qu’elle n’est pas la bonne chaussure de juillet dans le Sud.

À noter : l’Ultra Raptor II existe aussi en version Gore-Tex. Elle règle la pluie fine, mais elle hérite du même défaut que la Lowa — une fois l’eau entrée par le col, elle y reste — tout en perdant ce qui fait l’intérêt du modèle, le séchage en marchant.


Ultra Raptor II ou Lowa Renegade : laquelle choisir selon votre usage

Vous randonnez à la journée, sac léger

Ultra Raptor II. Le pied reste mobile, l’accroche est la meilleure des deux, et rien ne justifie de porter 177 g de plus par pied.

Vous marchez souvent sous la pluie ou dans l’herbe mouillée

Lowa Renegade. C’est exactement ce que la membrane sait faire, et l’Ultra Raptor ne prétend pas le faire.

Vous traversez régulièrement des cours d’eau

Ultra Raptor II, sans hésiter. Elle se vide et sèche en marchant, là où la membrane retient l’eau entrée par le haut.

Vous voulez une paire qui dure des années

Lowa Renegade. Le cuir se ressemelle, le mesh non. C’est la seule chaussure à laquelle nous ayons mis 10 sur 10 en durabilité.

Vous partez en itinérance avec un sac chargé

Lowa. Au-delà d’une douzaine de kilos, c’est la rigidité de la semelle qui protège la voûte plantaire, et la tige mid ferme la chaussure aux cailloux de fin d’étape.

Pour élargir, notre comparatif des meilleures chaussures de randonnée couvre les deux familles. La question de la hauteur est traitée dans tige haute ou basse, celle de la membrane dans Gore-Tex ou pas. Nos tests complets : la La Sportiva Ultra Raptor II et la Lowa Renegade Evo GTX Mid.

Questions fréquentes sur l’Ultra Raptor II et la Renegade

Peut-on randonner avec des Ultra Raptor II ?

Oui, et c’est même leur terrain quand le sac reste léger. Nous les avons portées sur plus de cent kilomètres dans le Vercors. Leur pare-pierres et leur tige renforcée les placent au-dessus d’une trail classique : c’est la catégorie approche, pas la chaussure de course.

La Renegade vaut-elle ses 177 g de plus ?

Sous la pluie et dans la durée, oui. Elle a la membrane et la seule note de durabilité à 10 sur 10 de notre parc, avec un cuir qui se ressemelle. Sur une journée sèche avec un sac léger, non : ces 177 g par pied se paient à chaque pas sans rien apporter.

Faut-il une membrane Gore-Tex en randonnée ?

Cela dépend d’où vient l’eau. Contre la pluie et l’herbe mouillée, la membrane est efficace. Si l’eau entre par le col, lors d’un gué ou d’une averse violente, elle la retient et la chaussure reste pleine. En été et en terrain sec, une chaussure non membranée qui sèche vite est souvent plus confortable.

Laquelle dure le plus longtemps ?

La Lowa Renegade, nettement. Son cuir se patine et se ressemelle, quand le mesh de l’Ultra Raptor II se compte en centaines de kilomètres. Sur plusieurs saisons de marche régulière, le coût au kilomètre penche du côté de la Lowa malgré son prix d’achat plus élevé.

Quelle pointure prendre pour chacune ?

Les deux taillent juste, nous avons pris notre pointure habituelle sur l’une comme sur l’autre. La seule précaution utile vaut pour toute chaussure de randonnée : essayez en fin de journée, avec vos chaussettes de marche, et vérifiez que les orteils ne touchent pas en descente.

L’Ultra Raptor II existe-t-elle en Gore-Tex ?

Oui. Cette version règle la pluie fine et l’herbe mouillée, mais elle perd le séchage en marchant qui fait l’intérêt du modèle non membrané. Si vous cherchez avant tout l’étanchéité, la Lowa reste plus cohérente : elle est conçue pour ça de bout en bout.

Laquelle accroche le mieux ?

L’Ultra Raptor II, avec 9 sur 10 pour sa semelle FriXion contre 9 sur 10 en performance terrain pour la Lowa et sa Vibram Evo. L’écart se sent surtout sur la roche sèche et le terrain technique, où la gomme plus tendre de la La Sportiva mord davantage.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *